JSL : « Le dernier combat d’une mère pour son fils »

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Une mère compte sur la justice pour déterminer les responsabilités des professionnels soignants dans le décès de son fils, victime d’un accident de moto en 2011.

Sous son khôl noir, Nathalie Ricotta peine à retenir ses larmes. Cette mère de famille blanzynoise vit en suspens depuis la mort de son fils Anthony, le 7 avril 2011, dans un accident de moto. Lundi dernier, une lueur d’espoir est apparue avec une lettre de son avocate lui annonçant une audience, le 20 novembre, au tribunal administratif de Dijon. « Cette audience permettra de déterminer les responsabilités des professionnels soignants dans la mort de mon fils », explique-t-elle.

Perte de temps sur les lieux de l’accident
En septembre 2011, cette mère de famille saisit une avocate experte en droit de la santé pour éclaircir le déroulement de la prise en charge médicale de son fils le jour de l’accident. Car pour elle et ses proches, il n’y a aucun doute : « Les secours déployés ce jour-là – Smur de Montceau, pompiers de Joncy, Smur du Creusot – ont perdu trop de temps et n’ont pas mesuré la gravité de l’état d’Anthony ( voir ci-dessous ) ». À la demande de l’avocate, une expertise médicale est menée, chargée entre autre de déterminer si les soins prodigués sur place étaient bien adaptés à l’état de la victime et s’il existe un lien de causalité entre un éventuel retard de prise en charge et le décès de l’accidenté.

5 % de responsabilité
« Les conclusions de l’expertise font état d’un choc très violent subi par la victime. Même si la prise en charge a été maximale, l’expert a évalué la perte de chance qu’avait Anthony de survivre à moins de 5 %. Bien sûr, la lenteur de la prise en charge a amoindri ses chances de survie », développe leur avocate Bénédicte Papin. Sur la base de cette estimation, l’avocate propose début 2013 un règlement amiable avec les parties concernées. « Mais tout est finalement allé très vite. Le tribunal s’est saisi de l’affaire et a fixé l’audience au 20 novembre », assure-t-elle. Pour elle, la juridiction risque fort de statuer sur le montant de l’indemnisation.

« Le combat d’une maman »
Nathalie Ricotta espère avant tout que cette audience permettra d’incomber les responsabilités à chacun. Elle souhaite aussi que ce drame amène une amélioration dans la gestion des urgences et notamment lorsque plusieurs accidents se produisent en même temps, comme ce fut le cas ce 7 avril 2011.

Depuis, cette mère de famille n’a pas manqué de constater des améliorations en matière d’accueil aux urgences et souligne le « côté humain » des pompiers. « Ce combat que je mène, c’est celui d’une maman », précise-t-elle. Celui, indispensable, qui la mènera enfin à entamer son deuil.

 

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